Nom

Matthieu Biasotto Auteur

Description

C’est difficile de se définir, encore moins simple de trouver une présentation sympa et de rendre le tout digeste. Alors pour que ce soit intéressant et un peu différent d’une bio « officielle », il va falloir un miracle. Le mieux, c’est sans doute de te parler comme si je t’avais en face, autour d’un café. Un soupir, je me demande par quoi commencer. Je me lance. Toulouse, cuvée 83, même en remontant dans mes plus vieux souvenirs à Saint-Cyprien, j’ai toujours fait trois choses : dessiner, me raconter des histoires et me débrouiller pour avoir invariablement une main ou un pied dans le plâtre. Artiste, rêveur, cabossé… C’est un bon résumé.

J’ai tendance à penser qu’on est le cumul de nos choix, de nos petites souffrances, nos grosses blessures, un empilement organique de victoires, de revanches, de choses à dire et tellement d’autres à taire. Dans une main on tient une poignée de fiertés, dans l’autre, un paquet de regrets. On suture l’ensemble avec des peines, des joies, des instants de bonheur et des moments traumatisants et on prie pour que ce grand tout tienne bon face au remous du destin tandis que l’on continue de rêver en secret. En ce sens, je suis un pantin défiguré qui bade la lune, une marionnette décousue contemplant les étoiles, à l’effigie d’un gentil écorché, plutôt incompris. Il y a cette sorte de mélancolie en moi, une larme, une seule et unique petite perle de sel qui ne demande qu’à sortir les soirs d’alcool, les nuits de paniques, les bronches pleines d’herbe ou entre deux sourires. Pourtant, enfant, tout allait bien. C’est plus tard que j’ai dérapé – ou que j’ai ouvert les yeux, je ne sais plus bien.

Je me suis toujours senti fragile, à part, un peu brisé sans même savoir pourquoi. Par la suite j’ai eu de bonnes raisons de l’être, mais c’est encore une autre histoire. En bon petit garçon, j’ai passé quelques années à m’accrocher fermement à un profond besoin d’être aimé, on m’a rapidement calmé de ce côté-là. Et puis après, je me suis fait une raison, mais ça n’empêche pas d’avoir mal ni de vouloir retenter le coup de temps à autre. On peut connaître les règles du jeu et s’évertuer à aller contre le courant.

Je crois avoir réalisé assez vite que je ne serai jamais dans le moule, parce que je n’étais pas performant dans le moule. J’étouffais dans ce putain de moule. Vraiment, j’ai su très tôt que je préférais crever que d’entrer dans le système et la norme. Alors je me suis inventé des mondes, une infinité de moi, une ribambelle de toi et j’ai toujours flirté avec le réel, en me réfugiant dans l’imaginaire, la créativité ou l’expression à chaque fois que ma vie était trop moche, insupportable ou juste merdique (répétitive, injuste, sournoise… tu complètes au choix).

Trop émotif pour être réellement heureux, tellement dans la réflexion et l’introspection que je n’ai pas vu les trains passer, j’ai lentement glissé. Psychanalyse gratuite d’un bisounours égaré. Avec des « Et si ? » et des « pourquoi pas ? » puis des « Sauf que », j’ai érigé des barricades et je me suis construit lentement un monde à moi. C’était un peu comme un entraînement, avant que je ne sois prêt à atteindre le point de rupture. Prêt à plonger dans l’écriture. Oui, c’était un bon échauffement, mais aussi, et surtout un pansement pour survivre dans la normalité… parce qu’au bout du compte, le sacro-saint moule… je lui ai léché les bottes et j’en ai épousé la forme jusqu’à en perdre ma personnalité.

C’est un burn-out qui m’a précipité vers la révélation. Graphiste à mon compte, j’avais bossé dur pour toucher le sommet et tirer mon épingle du jeu. Le prix à payer, c’est que je n’étais pas vraiment moi, d’ailleurs je n’étais plus rien. J’étais une pâte à modeler d’une centaine de kg, un (gros) tas de compromis bourré de Redbull, de caféine et de nicotine collé à l’écran 20h par jour. J’excellais dans l’envie de faire plaisir au point de m’oublier. Au point d’effacer totalement qui j’étais, au point que je ne me souviens même pas correctement de ces années auprès de mes petits garçons en bas âge. Je me suis coupé en quatre pour mes clients, mes proches, en disant oui à tout et en courbant l’échine pour entrer dans le rang. En réalité, je me taillais les veines un peu plus à chaque fois que je m’enfonçais davantage dans le mensonge : j’étais une erreur de parcours, pas du tout à ma place, pas dans la bonne vie, le bon pays, ni le bon siècle. Même pas dans la bonne dimension. [Fin de la partie dramatique]

Avec le recul, c’est ce point de non-retour, la véritable bascule. Un grand crac dans ma colonne vertébrale, le dos en vrac, un été à Royan. Ce moment précis a cristallisé le fait que je ne me supportais plus et que je n’avais plus la force de maquiller mon quotidien. Cette douloureuse seconde a été le véritable déclencheur. Je couvais le malaise depuis des années, puis mon corps a dit stop. Le plus dingue, c’est que c’était atroce physiquement, et en même temps, un foutu soulagement dans le cœur. J’étais en train de couler, je ne pouvais plus continuer d’entretenir l’illusion et la version « officielle » c’est que ce n’était pas de ma faute… Une aubaine travestie en accident de la vie… tu vois ce que je veux dire ?

Double hernie discale, une envie de rien, pas même de lendemain, le noir total et il me restait alors… mes histoires – et des opiacés pour museler les décharges lancinantes dans les reins. À partir de là, j’ai compris que pour moi, ça serait écrire ou mourir. Créer pour exister. Vivre des dizaines de vies, accepter pleinement ce que je suis et m’en servir pour me libérer, te divertir et pourquoi pas – si je fais bien mon job – titiller ta conscience, te permettre un peu d’évasion en portant un regard différent sur la société, déclencher une avalanche de questions existentielles après le mot fin. À partir de cet instant, je me suis aligné avec ce que j’avais au fond. Un gosse un peu bancal, excessif et passionné. J’ai laissé tomber le masque, j’ai baissé les armes, remonté le froc et j’ai marché dans la bonne direction.

Alors, toi qui prends quelques minutes pour me lire, je pourrais te raconter ma vie de famille merveilleuse, je pourrais m’étaler sur mon petit train-train à Monstesquieu Volvestre, me la raconter avec mes 100 000 lecteurs ou mon superbe Atelier, te servir mon beau parcours et tout le tralala commercial… Mais après tout, je suis sur ma bio, je suis indépendant, je fais ce que je veux et je te dois bien un max d’authenticité.

Auteur, écrivain, créatif, conteur ou rêveur… Toute cette tartine pour te dire que je raconte simplement des histoires et qu’il s’agit là non seulement d’une passion, mais aussi de mon salut, ma raison de me lever chaque jour. Étrangement la fiction m’ancre dans la réalité. Depuis que je conçois des intrigues, je me sens vivant, plus que jamais. J’observe, je vois vraiment le monde au lieu de simplement le regarder. Le plus drôle, c’est que je peux le tordre à volonté et que ça me fait souvent du bien. Et ce n’est pas le plus beau. Non, le plus beau, c’est toi. J’entends par là, la multitude de rencontres qu’engendrent écriture et lecture. Humainement, je n’ai jamais été aussi riche qu’aujourd’hui.

Si je me suis lancé depuis 4 ou 5 ans, j’invente depuis toujours. J’ai organisé ma vie autour de l’écriture, j’ai la chance d’être suivi par des lecteurs en or, épaulé par ma femme et de pouvoir vivre de ma plume en profitant de mes trois petits gars. Dès le matin, c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’en passer, il faut que je laisse l’inspiration déborder sur mes tableaux noirs mes carnets et le clavier. Ça rime généralement avec une clope, un café. Je le mets au singulier, mais tu vois l’idée… Jusqu’au soir, je ne fais que ça. Par les mots, les couleurs, l’encre, j’imagine, je découpe la réalité, je galope nu dans le champ des possibles. Je dois t’avouer que je dors généralement très mal, les idées ne s’arrêtent jamais. Cette incapacité de mon esprit à se mettre en pause, je l’ai longtemps considérée comme une malédiction, je la vois à présent comme un don. Un don qui me permet d’écrire plusieurs livres par an, de peindre, de plonger dans la vie avec un grand V, avant de tout remettre en question.

Un nouveau virage...

Tu vois les musiciens qui continuent à jouer alors que le Titanic coule ? C’est exactement la sensation que j’ai eu quand il m’a fallu écrire une nouvelle histoire fin mars 2022. D’habitude, mon imagination me sert de gagne-pain et de refuge, mais puisque la réalité dépasse largement la fiction, écrire cette 28e histoire ne rimait à rien.

Pourquoi vouloir divertir mes lecteurs alors qu’il est plus que temps d’informer un maximum de monde ? Pourquoi m’évader dans un univers fictif tandis qu’il est vital d’ouvrir les yeux sur le réel ? Je me sentais de moins en moins aligné avec mes valeurs, du coup, quand ma femme a deviné le malaise qui me rongeait, elle m’a adressé un clin d’œil qui a tout changé.

Avec La Pelote de Laine, ma plume s’aventure donc dans un autre registre pour tenter de mener une enquête largement documentée, servie par des faits que j’ai pris soin de connecter le long d’un fil rouge tissant une toile d’araignée. Je voulais que la Pelote s’adresse à tout le monde quitte à partir de loin et enfoncer une ou deux portes ouvertes, mais je voulais que cette boule de laine apporte aussi sont lots d’informations judicieuses aux lecteurs les mieux informés. Aussi, je démarre de choses à la portée de tous avant de me risquer dans des détails beaucoup plus pointus.

Comme je pense qu’il n’y a pas de hasard, et que tu es en train de me lire je te souhaite la bienvenue et je suis sûr qu’on se croisera un jour où l’autre. Entre mes lignes ou dans la réalité. Peut-être les deux. Merci d’être là.

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  • 19 août 2022 20h03 local time

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